USA Choice Counter


 




XVIII. Période de réflexion


À partir de l'expérience acquise dans la bataille du fleuve Saint-Laurent, mon combat pour la protection de l’environnement prend une orientation définitive. J’étais plus convaincu que jamais que pour protéger efficacement notre environnement, nous devions non seulement mobiliser les citoyens, mais considérer les organismes gouvernementaux de protection de l'environnement comme des ennemis de l'environnement et des citoyens.

À l'époque, on disait souvent de moi que je n'étais pas un fonctionnaire comme les autres. C'est vrai! J'ai toujours pensé que pour être un bon fonctionnaire, il fallait d'abord être un bon citoyen. Je n'ai jamais accepté qu'aux yeux de la Fonction publique, il me faille trahir les citoyens pour devenir un bon fonctionnaire. Mais ce genre de vision entre carrément en contradiction avec les pratiques de la Fonction publique où les citoyens sont traités comme des sujets dérangeants. Dans ce contexte, on peut facilement comprendre que mon approche avec les citoyens m'ait toujours attiré les foudres des pontifes de la machine administrative, qui ont fait des pieds et des mains pour se débarrasser de moi, durant toutes mes années de combat pour la cause de l'environnement. Heureusement que je pouvais compter sur la force de l’opinion publique et l’appui des associations que j'avais créées pour résister aux attaques. J'étais malgré tout, un fonctionnaire libre!

Sur le front de l'indépendance
Durant toutes ces années au service de l'environnement, je surveille de très près, mais en silence, tout ce qui se déroule sur le front de l'indépendance. Je constate que le mouvement pour l'indépendance du Québec a été balayé sous le tapis. Plutôt que de faire l'indépendance, on a choisi de fredonner la rengaine de la souveraineté qui, comme le développement durable peut être apprêtée à toutes les sauces. En misant sur la naïveté politique des Canadiens français et leur traditionnelle «peur d'avoir peur», René Lévesque a récupéré tous les efforts des pionniers de l'indépendance pour couler le bateau de l'indépendance.

J'ai toujours été persuadé que René Lévesque et le Parti québécois allaient mener le Québec dans une voie sans issue, pavée de débats stériles. Les seules réformes fondamentales que j’attendais de ce parti, maintenant qu'il était au pouvoir, n'avaient rien à voir avec la cause de l'indépendance. Elles touchaient la protection de l’environnement et la participation des citoyens.

Le dilemme
La dernière campagne électorale du Parti québécois, avant la prise du pouvoir, m’avait beaucoup troublé. J'étais dans un dilemme. Je voyais mal comment je pouvais accorder mon vote à des gens que je percevais comme des usurpateurs de la cause de l'indépendance. Par ailleurs, je voyais quand même le changement de gouvernement comme un avantage pour la cause de l'environnement. Un nouveau gouvernement, tout le monde le sait, est plus porté que son prédécesseur à aller de l’avant avec de nouvelles réformes. Et Dieu sait si les réformes s'imposaient dans le domaine de l'environnement.

Tout le Québec attendait la création d'un véritable ministère de l'Environnement, un ministère qui saurait épauler les citoyens dans leur lutte pour la protection de leur environnement. J'ai donc voté péquiste, mais sans conviction. J'ai misé sur le good government, mais non sans m’interroger sur le genre de relations qu'un gouvernement péquiste entretiendrait avec les farouches pionniers de l'indépendance, dont j'étais, si jamais le Parti québécois prenait le pouvoir.

Seach engine / Engin de recherche
Type a keyword  / Tapez un mot clé