HISTORIQUE













 

Pour le retour des Canadiens français au Québec
Nous ne devons pas avoir honte de nos valeurs,
nous ne devons pas avoir peur de les défendre.

Lu sur le blogue de Richard Martineau

 

Permettez que je me présente: je  m’appelle Tony Le Sauteur et je suis un Canadien français. C’est plutôt rare aujourd’hui, un gars qui se dit Canadien français dans un monde de Québécois.

Je suis né à Murray Bay, dans Charlevoix mais j'ai passé une grande partie de ma vie à Trois-Rivières, une petite ville canadienne française. C’est au moment de la Révolution tranquille que j’ai réalisé que j’étais un Canadien français, malgré mes récentes origines jèrriaises. Et c’est en lisant Raymond Barbeau et que je suis devenu indépendantiste.

À cette époque, pour les indépendantistes, le Québec aux Québécois voulait dire, le Québec aux Canadiens français. J’ai bien dit indépendantistes. Pas souverainistes.

Faisons tout de suite la distinction entre l’indépendance du Québec et la souveraineté du Québec. L’indépendance, c’est faire du Québec un pays distinct, comme la France, la Pologne ou l'Allemagne. Par contre, la souveraineté (la patente à René Lévesque) consiste à tenter d'obtenir plus de pouvoir pour le Québec, au sein du Canada. Facile selon les péquistes. On n’a qu’à négocier avec le ROC (Rest Of Canada) pour véritablement devenir une province distincte, avec plus de pouvoir. Y'en aura pas de problèmes, disait René Lévesque! Y vont comprendre. Juré, craché!

Quelques années après être devenu indépendantiste, j’ai quitté mon emploi à la Canadien International Paper Co. pour devenir secrétaire général du Parti Républicain du Québec et seconder , son fondateur. 

  • Lors de la déconfiture du Parti Républicain, et après bien des misères, je me suis ramassé fonctionnaire au gouvernement du Québec, dans le domaine de la lutte contre la pollution (à la Régie d'épuratiion des eaux, pour être plus précis).

 Ah! J’oubliais! Je ne suis pas un Canadien français comme les autres. Je suis d'extraction anglo-normande, un jersiais. Mon grand’père, Wallace, est arrivé au Québec en 1883, probablement à Paspébiac.  Il a quitter son île (Jersey) à l'âge de 14 ans.

Pourquoi ressuciter les Canadiens français?

Pour dire tout haut ce que je pense tout bas, tout simplement. Les Canadiens français n'ont plus droit de parole au Québec et je n’en peux plus de garder le silence sur la révolution tranquille et la dénationalisation des Canadiens français.

Je dois dire que mon identité de Canadien français, j'y tiens. C’est important pour moi. J’avais trente ans quand j’ai découvert le glorieux passé historique des Canadiens français. Ce passé fait maintenant partie de mes racines, en dehors de mes racines jersiaises.  

C’est vous dire comment j’ai mal pris le fait qu’avec l’arrivée de René Lévesque, les Canadiens français soient devenus des Québécois, c’est-à-dire des Canadiens français qui s’ignorent et qui vivent dans un Québec virtuel, un presque pays, pour emprunter l’expression d’André D’Allemagne. Un presque pays où les Québécois vivent dans une société inclusive et où les Canadiens francais sont devenus des exilés sur leur propre territoire.  

Ça nous fait une belle jambe!  

La révolution tranquille

Il paraît que nous avons connu une révolution tranquille durant les années 1960. Je m’excuse de paraître aussi ignorant, mais j’était trop occupé à travailler pour l’indépendance du Québec pour en avoir vraiment pris conscience.

Heureusement, car je ne suis pas certain que j’aurais aimé participer à ce que  j’appelle aujourd’hui, le grand derby de démolition de la société Canadienne française. J’ai comme l’impression que nous nous sommes fait rouler par nos élites, une fois de plus.

Plutôt que de faire l’indépendance du Québec, nos élites nous ont tout simplement dénationalisé.  

Nous vivons toujours dans le même pays, le Canada, mais le Québec, lui, a pris l’allure d’un pays distinct, formé de communautés culturelles, moins celles des Canadiens français, bien sûr!...au point qu’aujourd’hui, la majorité des Québécois ne se souviennent même plus avoir déjà été des Canadiens français.

Nous sommes le seul peuple au monde à avoir fait l’indépendance sans faire l'indépendance.

Au moment où je me faisais ces réflexions sur l’évolution du Québec, je suis tombé sur le livre de Anne-Marie Sicotte qui traite de l’époque des religieuses d’avant la Révolution tranquille (Femmes de lumière, Édition Fides).

  J'en profite pour dire que je suis fier d'avoir fait mes études   primaires chez les Filles de Jésus, ces Femmes de lumière   qu’on a sauvagement mises à la porte durant la   Révolution   tranquille.Ces réflexions m’ont inspiré deux grandes   questions.

  Qui a autorisé le démolition de nos institutions?

Comment a-t-on pu mettre toutes nos dévouées religieuses à la porte pour les remplacer par de minables petits fonctionnaires syndiqués et sans vision?

Avec le recul du temps, je constate que la Révolution tranquille a été, pour les Canadiens français, une vaste entreprise de dénationalisation et de déracinement.  

Pourtant, en lisant «les femmes de lumière» de Anne-Marie Sicotte, on peut rapidement comprendre que nous avions tout pour bâtir un pays.  Anne-Marie Sicotte le dit bien dans son livre.

«C
e sont les femmes de lumière qui ont contribué à façonner la société québécoise contemporaine. Nos religieuses se dévouaient dans les écoles, les hôpitaux, les sacristies, pour les pauvres, pour les malades, pour les vieillards et pour les enfants abandonnés. Elles se dévouaient à la limite de leurs forces. Une réalité beaucoup plus complexe et saisissante que le discours dominant des cinquante dernières années a voulu faire croire.»

Est-ce qu’on leur a dit merci au moins? J’en doute!

La grande noirceur

Né en 1929, j’ai vécu toute l’époque de ce qu’il est aujourd’hui  convenu d'appeler, bien à tort d’ailleurs, la «grande noirceur», une époque dénigrée par les Québécois d'aujourd'hui, comme s’ils l’avait vécu alors que, pour la plupart, ils n’étaient pas encore nés. De la haine par procuration.

Pour avoir personnellement vécu toute cette période, je peux vous affirmer  que j’ai connu de bien plus grandes périodes de noirceur depuis: la destruction de notre système de Santé, par exemple,  et la dénationalisation des Canadiens français. Je suis présentement dans une institution pour personnes âgées, mais dans le privé. C'est vous dire comment je me sens ici.

Pour bâtir un pays, il nous fallait des bâtisseurs. Nous avons tenté et nous tentons toujours de bâtir le Québec avec des démolisseurs!

Où en sommes-nous maintenant que nous avons perdu nos plus belles institutions et notre identité nationale?

Dans les limbes!

Il ne nous reste plus qu'à remettre le Québec sur ses rails, à retrouver nos racines, à cesser de mener le combat inutile contre le privé, à retrouver notre identité nationale avec nos frères et sœurs des autres provinces, que nous avons lâchement abandonnés et, surtout, nous allons devoir retrouver notre fierté d’être Canadien français.

Tout un programme!

La suite

C'est dans les superblogues que vous allez trouver mes commentaires sur différents sujets d’actualité des dernières années, tant du côté de l'environnement que du côté du nationalisme Canadien français. Ces commentaires vont vous aider à comprendre comment tous ces événéments ont fait de moi un étranger au Québec.

Mais ce sont les accommodements raisonnables qui m’ont définitivement sorti de ma ouache. Quand on est rendu à accepter que l’on sorte le lard de nos «bines», y’é temps de parler.

Faut-il ajouter que je grince des dents à chaque fois que j’ouvre un journal ou que j’écoute la radio ou la télévision. Il n’y a pas une seule journée qui se passe sans que de nouveaux événéments ne viennent amplifier notre dérive, la dégradation de l'environnement et  la dénationalisation du peuple canadien français.

 Mais le mal n’atteint pas que les Canadiens français. Il touche aussi le peuple de René Lévesque, les Québécois, car il faut bien le dire, les Québécois agissent comme s’ils étaient minoritaires au Québec alors qu’ils forment encore la majorité. S'ils persistent sur cette voie ils sont condamnés à disparaître. Ce sera le retour des Canadiens français au Québec.

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