JERSEY DEVIENT UN PAYS ANGLAIS

À Jersey, le language que l'on entendait parler dans la rue a toujours été le Jèrriais ou le vieux Normand. Il faut se rappeler que Jersey était un territoire normand auparavant et que ceux qui émigraient à  Jersey ont toujours gardé leur vieille langue Noamrande. Mais la langue officiel était le français. En quelques années seulement, avec l'immigration et le manque de volonté de la part des Jersiais pour protéger le Jèrriais ou le vieux normand, c'est le cas au Québec, pour le français, le vieux normand ou le Jèrrais est tout simplement disparu. Les Jersiais se sont tournés vers l'anglais, pour des raisons économiques. Et Jersey est devenu un pays anglais. Quant au français il a commencé à disparaître bien avant ça, au moment ou l'Angleterre imposa l'école obligatoire avec une langue commune: l'anglais. Deux langues sont donc complètement disparues à Jersey: le jerriais (par la négligence des Jersiais) et le français (à cause d'une décision administrative). Ce qui nous attend au Québec, c'est ce qui est arrivé au jerriais: disparition totale. Ce sera plus long qu'à Jersey,  parce que nous sommes plus nombreux, mais si nous continuons à donner préférence à l'anglais plutôt qu'au français, nous allons nous aussi devenir un pays anglais. 

À l'origine, Jersey faisait parti de la Normandie où on parlait le normand qui a été conservé à Jersey pour devenir le jèrriais. Mais la langue officielle a toujours été le français.

La famille Le Sauteur, une des plus vieille familles de Jersey, est passée de la Normandie (Région du Cotentin) à Jersey (Paroisse de Grouville) à peu près au moment où le Duc de Normandie faisait la conquête de l'Angleterre. Ils sont donc passés d'un pays Normand à un pays Normand. Côté religion, Jersey est resté attaché au diocèse catholique de Coutances, en Normandie, jusqu'aux environ de 1620, moment ou le protestantisme s'est implanté. Les Jersiais, en arrivant au Québec, à Paspébiac, se déclaraient donc pour la plupart de langue maternelle française à caude la langue officielle de Jersey, le français.  Mon grand-père, Wallace Le Sauteur, se disait encore, lors du recensement canadien de 1901, de langue maternelle française. Selon son dire, il exerçait le métier de «teneur de livre» (sic), en bon français. Il habitait alors à Sainte-Geneviève-de-Batiscan et travaillait en anglais pour la Price Brothers pendant que je travaillais en anglais pour la CIP.  

À Jersey le coup de mort de la langue française a été donné, officiellement, en 1912 au moment ou l'Angleterre imposait l'école obligatoire. C'est alors qu'on imposa la langue anglaise comme langue officielle à Jersey. Quand au vieux normand, la véritable langue parler de Jersey qu'on appelait le «jèrriais», il est mort de sa belle mort, «comme un p'tit poulet» dirait-on au Québec.  

Il faut dire, à la décharge de la France, qu'elle a tenté à plusieurs reprises de reprendre Jersey, militairement, et d'en faire de nouveau un territoire Français (Normand). Ces opérations militaires (7 en tout), ont fait beaucoup de dégât et tuer un grand nombre de Jersiais, de sorte que pour les Jersiais qui étaient Normands à l'origine (donc Français),  la France est devenu un pays ennemi.

Des immigrants jèrriais, arrivés en Gaspésie, en terre française, ont pu établir une communauté Jèrriaise forte et parler le vieux normand, au moment où à Jersey l'éducation devenait obligatoire et seulement en anglais. Le Jèrriais était encore parlé en Gaspésie chez les Jersiais nés à Jersey, dans les années soixante mais, en Gaspésie, le français a maintenant largement pris le dessus. Ce sont les Jèrriais qui ont colonisé la Gaspésie, mais les historiens ont choisi de garder le silence à ce sujet.

Récemment, Geraint Jennings, un Jèrriais né à Saint-Hélier, a instituer un nouveau cours de Jèrriais dans les écoles et réussi à bâtir un très important site Internet sur la langue Jèrriaise.

Dans son témoignage (Présence Jersiaise en Gaspésie) M. Le Gresley  souligne que le Jerriais aurait survécu au Québec n'eut été la faillite des banques jersiaises. La Gaspésie est probablement le seul endroit au monde, en dehors l'île de Jersey, où la langue Jèrriaise s'est imposée.

Au milieu du XIXe siècle, les Jersiais étaient tellement nombreux en Gaspésie que leur langue, le jèrriais (vieux normand), était la langue courante, de Rivière-au-Renard, jusqu'à Paspébiac, dans la baie des Chaleurs. Les Jersiais participaient alors à deux cultures, la française et l'anglaise. Dans les commerces, on employait la langue jèrriaise afin que les habitants, qu'ils soient français ou anglais, ne comprennent mot aux échanges entre les commis.

Le jèrriais est comme le français, le normand et le picard, une des langues d'oïl qui viennent du latin mais que tout bon sujet d'ascendance normande peut encore lire aujourd'hui, avec un peu d'effort. La langue jèrriaise prend ses racines dans l'ancien Duché de Normandie dont Jersey faisait alors partie (circa 933). Dans la note des éditeurs du dictionnaire jersiais-français, de Frank Le Maistre, publié en 1966, on peut lire que: "pendant plusieurs siècles, le français a été la langue écrite officielle de l'île de Jersey, mais la langue qu'on parlait communément était l'idiome local, apparenté au vieux normand tout en s'en distinguant nettement du parler qu'on entend encore en Normandie et dans les autres îles de la Manche. Pour des raisons diverses, l'emploi de l'anglais s'étendit rapidement au dix-neuvième siècle et a largement influencé la langue normande de sorte qu'aujourd'hui le jèrrais est très différent du Normand: les «R» par exemple ont été remplacé par le «Th» anglais. Vers 1900, l'anglais était déjà la langue dominante à Saint- Hélier, capitale et port de l'île de Jersey. Dans les autres paroisses, où la population était très unie et de tradition agricole, ;r vieux normand tint bon jusqu'à la décade de 1920 à 1930".

Philippe George Le Sauteur (1829-1913) entra en conflit avec les autorités religieuses au sujet de la place de l'anglais dans les cérémonies religieuses.  

Voici quelques articles qui vont vous donner une bonne idée de ce que les gens de Jersey appellent le vieux Normand ou la langue Jèrriaise.

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Eune pétite pièche pour la réception d'neuches
      Un poême en langue jerriaise à l'occasion du mariage de Mess Richard Winter Le       Sauteur et Mad'mouaîselle Ruth Ethelwyn Falle à l'Êglyise dé Grouville


DÎNAI ANNUEL - Sociaitai Jerriaise du Canada - Montréal - 1911
     Compte-rendu du banquet par l'un des convives

Les annonceux sus la Gâzette
     Quelques annonces qui parurent dans les journaux de Jersey, à l'époque.

Not'e p'tit pays

 La faillite des banques de Jersey
      Très peu de Québécois sont au courant mais les Robin ont cessé leurs        opérations au Québec en 1886 au moment de la faillite des banques de        Jersey. Avant la «conquête» (1760) très peu de Jersiais s'établirent au Québec.

Histoire de Jersey    Jersey est la plus grande des Îles Anglo-Normandes. C'était      un pays de langue française avant, mais c'est le Jèrriais, une variante du vieux      normand qui était la langue commune et qu'on entendait dans la rue, comme en      Normandie. En 1912, la langue française a été aboli et, depuis un an le jèrriais est      disparu. L'île de Jersey est maintenant un pays de langue anglaise. Le Québec va      suivre.

      Jersey est situé au sud de la Manche, dans la baie de Mont Saint Michel à 22,5 km       à l'ouest du Cotentin et à 48 km au nord de la Bretagne. Elle mesure 16 km au plus       long, d'est en ouest, et 9.6 km au plus large du nord au sud pour une superficie       totale de 116 km2. On trouve Jersey à environ 160 km de Weymouth, Angleterre, et       à seulement 22.5 km à l'ouest de la France. La capitale est Saint-Hélier.

       Le Bailliage (un pays ou un territoire administré par un bailli) de Jersey se        compose de l'île de Jersey, des plateaux des Minquiers et des Ecréhous et est        divisé en 12 paroisses. Cette division est très ancienne puisqu'elle eut lieu        avant 1066. Chaque Église possédait un chemin jusqu'à la côte et ces chemins        s'appelaient Les Perquages. En autant que vous demeuriez sur ce chemin, vous        ne pouviez pas être arrêté.  

       Chaque paroisse, a à sa tête un connétable (maire) et porte le nom d'un saint et a        ses armoiries. Autrefois il y avait un droit de perquage c'est à dire un chemin qui        permettait à ceux qui avaient maille à partir avec la justice de se réfugier dans        l'église et d'atteindre la côte pour disparaître à jamais.

       Au recensement de 2001, Jersey comptait 87 186 habitants soit une densité de        751 h/km2, densité qui augmente considérablement pendant la belle saison        avec l'invasion des touristes. Toutefois, la majorité de la population réside sur la        côte sud.

       Le système de gouvernement de Jersey est unique: il n'y a pas de partis        politiques et les représentants élus ne sont pas rémunérés. Le souverain        nomme le Bailli, le Lieutenant-Bailli, le Procureur Général et l'Avocat        Général. Il est représenté par un Lieutenant-Gouverneur qui est aussi le chef        militaire et le lien avec le gouvernement britannique. Jersey a conservé son        régime féodal. Jersey ne fait pas partie de la Grande-Bretagne. Jersey est la        possession du souverain ou de la souveraine, l'héritier ou l'héritière du Duc de        Normandie. La famille Le Sauteur est passée de la Normandie (le Cotentin) à        Jersey (la paroisse de Grouville) à  peu près au moment où le Duc de       Normandie faisait la conquête de l'Angleterre, an 1036. Le grand'père est arrivé au       Québec en 1883. Comme tous les jèrriais, depuis environ 1620, il était anglican       quoique Jersey a toujours été un pays catholique rattaché au diocèse de       Coutances en Normandie.  

Noms dans la famille Le Sauteur