Dans le numéro de février 1963 de la revue bilingue
«The Legionary», on parle du drapeau canadien. Il est
d'abord intéressant de remarquer le bilinguisme que pratiquent
les auteurs de la revue. C'est vraiment le bilinguisme tel
qu'imaginé par les «Canadians»: 34 pages de textes
en langue anglaise et quatre de traduction en langue française.
Vraiment, l'effort force notre admiration.
On parle donc du drapeau dans ce numéro. Que les membres de
la Légion canadienne ou plutôt de la Canadian Legion se
prosternent devant, le Red Ensign, qu'ils le proclament le drapeau
«national» des Canadiens, cela nous laisse bien froid. Leur
drapeau nous importe peu.
Que les membres de la «branche» du Québec
tapissent les murs de leur «bar salon» avec leur drapeau,
nous n'y voyons point de mal. Mais, qu'ils nous fichent la paix! Que
nous ne voulions pas de leur drapeau, cela ne regarde que nous.
Dans une lettre signée J.-H.-L. Saint-Germain,
président provincial, Direction du Québec de la
Légion royale canadienne, lettre publiée dans la
«Gazette» et reproduite dans la revue susmentionnée,
un paragraphe mérite une citation:
«Les membres de langue française aussi bien que de
langue anglaise de la Légion royale canadienne se sont battus
au cours de deux guerres mondiales pour maintenir
l'indépendance du pays. Peu importe qu'ils aient combattu sous
le signe de la Croix de Saint-Georges ou de la Fleur de lys, puisque
ces deux emblèmes se trouvent incorporés au Drapeau
canadien. Il est vraiment regrettable que les fils et les filles de
ceux qui ont combattu, et, dans certains cas, donné leur vie
pour le Canada, soient soulevés par des individus
irréfléchis dont le seul but dans la vie est de
créer le désaccord, bouleverser le canadianisme et
s'attirer le plus de publicité personnelle que possible».
Dommage, Monsieur Saint-Germain, nous avons l'impression que vous
et plusieurs de vos confrères n'avez rien compris aux
problèmes de l'heure présente. D'autre part, vos fils
et vos filles sont soulevés par le problème.