Ce qui se passe en coulisse n'a
rien de sorcier. Sur les recommandations des puissants pontifes de
l'OPDQ, le Conseil du trésor bloque
tout simplement les crédits du plan directeur. Le Dr Goldbloom
n'y peut rien. Tous les ministres doivent plier devant l'OPDQ.
Pour des années
à venir, ce coup de Jarnac met fin aux possibilités
d'un décret gouvernemental qui ferait du territoire du projet
Un
Fleuve, Un Parc, futur parc naturel, un territoire désigné.
Les croque-morts
Mais ce recul ne sonne pas le glas de la guérilla engagée pour stopper la dégradation du fleuve ou
réaliser d'autres acquisitions. Bien vivant, toujours combatif, je
travaille à garder le projet dans l'actualité même
si les croque-morts de l'OPDQ l'enterrent
quotidiennement au son du Dies Irae.
À l'OPDQ, on parle plutôt du Couloir fluvial, un
vaste projet technocratique
englobant toute la vallée du Saint-Laurent. Nous sommes très loin du
projet Un Fleuve, Un Parc.
Dans le cadre du Couloir
fluvial, l'OPDQ prévoit faire l'étude du développement industriel, des
problèmes sociaux, du réseau de la santé, enfin, un
projet délirant aussi éloigné du projet Un
Fleuve, Un Parc que Jupiter de Mars.
Dans l'optique des savants apprentis sorciers de l'OPDQ, Un
Fleuve, Un Parc, n'est qu'un projet mis de l'avant par un hurluberlu sans
perspective économique. De la petite
bière, une affaire de peu d'importance, risible, car, selon
eux, seul un plan de développement global, conçu et
mené à bonnes fins par les technocrates
éclairés de l'appareil gouvernemental, peut
réussir.
Fou raide!
Dans leur jargon, on me fait comprendre que je ne
suis pas habilité ou en mesure d'évaluer la
portée de mes gestes, et qu'avant de lancer Un Fleuve, Un Parc,
il aurait été sage que je «soigne la
planification, la développe, en esquisse les traits, les
perspectives, identifie les ressources à protéger tout
en restreignant ou du moins en canalisant et en ordonnant le
développement du secteur urbain et industriel, si
nécessaire.»
Voilà le langage
embroussaillé que l'OPDQ tient sur la place publique tout en
affirmant que le projet de sauvegarde du fleuve est plus vivant que
jamais sous la bannière du Couloir fluvial.
Mais dans les documents
internes et secrets de l'OPDQ, on avoue pourtant bien clairement
qu'il est utopique de vouloir faire du Couloir fluvial un parc
linéaire incluant les rives et les îles. Pour l'OPDQ, il est utopique
de vouloir protéger les richesses écologiques du fleuve
et en faire un parc fluvial. Plus tard, après voir dépensé
plusieurs millions de dollars, l'OPDQ publiera ses conclusions.
Elles dorment toujours sur les poussiéreuses tablettes du
gouvernement du Québec. Avec l'argent gaspillé pour les études
bidon du Couloir fluvial, il
aurait été possible de dresser un véritable plan
directeur du projet Un Fleuve, Un Parc et d'acquérir
la totalité des îles.
Avant de planifier l'avenir
du Saint-Laurent, les technocrates de l'OPDQ croyaient indispensable
de planifier le sort de la planète. Ils n'ont réussi
qu'à nuire au fleuve et à la population présente
et future du Québec.