HISTORIQUE













 


Le bon vieux temps!
Lucie McNeil

Associations, stratégies, règlements, vigilance et cyanobactéries, la vie de chalet a bien changé! Bien des villégiateurs n'ont jamais connu l'époque glorieuse où les séjours au chalet se déroulaient dans le calme, la joie, et la sainte paix! J'ai connu cette époque et je tiens à partager quelques souvenirs avec vous.

Aussi loin que je me souvienne, les vacances commençaient autour du 24 juin, le surlendemain de la fin des classes. C'était vraiment les vacances parce que ma mère commençait à faire les bagages de tout son monde. Fallait le faire. C'était un vrai déménagement.

Mon père louait un chalet pour tout l'été. Deux mois de vie de campagne, sur le bord d'un lac. Au début, mes souvenirs me ramènent à Saint-Gabriel-de-Brandon, au lac Maskinongé. Nous étions quatre familles. C'était des confrères de travail et des compagnons de pêche de mon père. Je devais avoir 2 ou 3 ans à cette époque. Les quatre chalets étaient sur le même terrain et se faisaient face, deux par deux. Il n'y avait presque pas de gazon mais du sable partout. Il devait faire très chaud parce que je me rappelle que j'avais de la misère à marcher dans le sable pour me rendre au lac.

Dans ce temps-là, on ne se baignait pas n'importe quand. Il fallait attendre trois heures après le repas du midi. C'était toute une fête quand on avait la permission de se baigner le matin.

Plus tard, mon père a déménagé sa famille à Prévost, au lac des Quatorze Îles. Une des soeurs de ma mère était propriétaire d'un chalet dans la baie du lac. Mais pour nous, elle était à un autre lac, le lac Écho. Le premier chalet qu'on a loué était jaune avec de la belle pelouse partout jusqu'au mur de pierres cimentées. Quand il faisait vraiment chaud, il fallait mettre une serviette de bain sous nos fesses pour s'asseoir près de l'eau. Le ciment était bouillant.

C'est là que j'ai appris à nager. Mon père m'avait acheté une bouée de plastique, jaune d'un côté et transparent de l'autre. Elle était fascinante ma bouée parce que je pouvais voir des petits triangles de couleur bouger à l'intérieur. Un beau matin où je devais sûrement «achaler» mes parents pour aller à l'eau, mon père est venu avec moi sur le quai. Il m'installa la bouée autour de la taille et hop! à l'eau! Je ne crois pas avoir tellement apprécié sa façon d'enseigner la natation.

Nous avions dans le boat house un bateau moteur, une chaloupe avec un petit deux forces à essence et un canot loué. C'était spécial.

Mon père restait en ville la semaine et venait nous rejoindre la fin de semaine. C'était sacré pour lui, l'été à la campagne. Il passait toutes ses vacances avec nous. Fallait qu'il aime ça pas pour rire pour se taper tout ce trajet. Par la vieille route à part ça, parce qu'il n'y avait pas d'autoroute dans ce temps-là et je ne suis pas sûre que la route était même pavée.

Mais le plus beau chalet qu'on a loué au lac des Quatorze Îles, c'était sur une presqu'île. Le chalet portait un nom : Rocky Point. Il n'y avait pas un pouce de gazon (je suppose que mon père en a eu assez de passer la tondeuse manuelle toutes les fins de semaine). C'était complètement boisé. C'était un vieux chalet avec une véranda grillagée. Ça sentait le vieux et le poussiéreux. Mais comme disait ma mère, la campagne, c'est la campagne. Plus c'est différent de la ville, mieux c'est. Et c'était rocheux. Il portait bien son nom. Pas de plage, juste un quai au bout duquel nous plongions.

Je me souviens que ma soeur, plus âgée que moi, partait à la nage et traversait le lac. C'était comme une compétition. Je la vois encore avec son pince-nez. Elle allait faire un tour au club, en face. Mon père suivait en chaloupe aller-retour. Il a toujours été un peu jaloux de ses filles. Il nous suivait partout.

Je crois que c'est là que mon père a été le plus heureux. Lui qui aimait la pêche, il s'en donnait à plein. Il avait un coffre de pêche assez impressionnant. On mangeait de la truite fraîche qu'il cuisait sur un feu de bois, dehors. C'était comme en camping. Quand il faisait noir, on sortait les guimauves et on les faisait cuire à bout de bras, au bout d'un bâton.

C'était bien bon! C'était le bon temps!

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