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La famille Le Sauteur


Une famille
jèrriaise au Québec!

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Le jèrriais est comme le français, le normand et le picard, une des langues d'oïl qui viennent du latin mais que tout bon sujet d'ascendance normande peut encore lire aujourd'hui, avec un peu d'effort. Le jèrriais, c'est du vieux Normand. Cette langue prend ses racines dans l'ancien Duché de Normandie dont Jersey faisait alors partie (circa 933). Dans la note des éditeurs du dictionnaire jersiais-français, de Frank Le Maistre, publié en 1966, on peut lire que: "pendant plusieurs siècles, le français a été la langue écrite officielle de l'île de Jersey, mais la langue qu'on parlait communément était l'idiome local, apparenté, au vieux normand tout en s'en distinguant nettement du parler qu'on entend encore en Normandie et dans les autres îles de la Manche. Pour des raisons diverses, l'emploi de l'anglais s'étendit rapidement au dix-neuvième siècle: vers 1900, c'était la langue dominante à Saint- Hélier, capitale et port de l'île. Dans les autres paroisses, où la population était très unie et de tradition agricole, l'idiome local tint bon jusqu'à la décade de 1920 à 1930".

Le coup fatal vient en 1912, au moment où l'éducation devient obligatoire dans les écoles de Jersey. L'éducation va dorénavant se faire en anglais. Il est même interdit de parler le jèrriais en classe ou dans la cour de récréation. Gerraint Jennings, un des plus grands défenseurs de la langue jèrriaise à Jersey, donne toute la dimension du rapide déclin de cette langue, lorsqu'il rapporte que "s'lon lé récensement d'1989 y'avait 5,720 pèrsonnes tchi pâlaient l'Jèrriais, sellement"!