HISTORIQUE













 

L'analyse des coliformes totaux suffit!

Les recherches effectuées il y a plusieurs années par la Direction du génie sanitaire du ministère de la Santé, ont clairement démontré qu'on ne trouve jamais plus de 100 coliformes totaux par 100 millilitres d'eau dans un lac encore à l'état sauvage. Ce sont les résultats de ces recherches qui ont servi de base pour établir les normes des eaux de baignade des plages publiques et des lacs de villégiature. Il n'était pas question de coliformes fécaux, dont l'utilisation, d'ailleurs, reste encore à justifier. Ces normes ont été utilisées pendant près de 20  ans par le Programme des plages et le Programme des lacs. Seul un degré de contamination très élevé ou une contamination persistante peut justifier de pousser les analyses plus loin, et de faire la recherche des coliformes dits «fécaux», les E. coli, les entérocoques, et les autres types de bactéries.

 Pou un relevé  sanitaire!

Par contre, les analyses bactériologiques doivent nécessairement être accompagnées d'une enquête sanitaire, effectuée sur le terrain, si on veut que les résultats soient crédibles. Or, de nos jours, on a pris un dangereux raccourci: on juge de la qualité des eaux, sans jamais avoir mis les pieds sur le terrain! Au temps où l'hygiène publique était encore une priorité au Québec, à l'époque du ministère de la Santé, c'est l'inspecteur du ministère qui prélevait lui-même l'eau des puits et qui la faisait analyser. En même temps, il effectuait une inspection sanitaire dans les environs immédiats du puits, pour s'assurer qu'il n'y avait pas de risque d'épidémie. Mais, dès que les inspecteurs de la Santé ont été rapatriés pour devenir des inspecteurs en 2 X 4, on a mis la prévention au rancart! Et c'est ainsi qu'on en est arrivé, aujourd'hui, à condamner inutilement une multitude de puits, en s'appuyant uniquement sur les résultats d'analyses, sans relevés sanitaires.

En ce qui concerne les eaux de consommation, vous allez devoir tenir compte du nouveau règlement sur le captage des eaux souterraines au moment de commander vos analyses!

Le ministère de l'Environnement n'y est pas allé de main morte avec ce règlement, nouvellement en vigueur au Québec. Il oblige le propriétaire d'un nouvel ouvrage de captage à faire faire, d'un seul tenant, entre le deuxième et le trentième jour suivant la mise en marche de l'équipement de pompage de son ouvrage, toutes les analyses suivantes: coliformes, Escheriscia coli, entérocoques, arsenic, baryum, chlorures, fer, fluorures, manganèse, nitrates et nitrites, sodium, sulfates et dureté totale. Ouf!

En ce qui concerne les modifications apportées à un ouvrage de captage, il faut s'en référer à l'article 17 du règlement qui stipule que: «les travaux terminés, celui qui a aménagé ou modifié un ouvrage de captage doit le nettoyer et le désinfecter de manière à éliminer toute contamination.»

Beaucoup d'analyses et de tracasseries pour de simples citoyens! Les fonctionnaires du ministère du Développement durable auraient-ils perdu la boule?

Les associations et les villégiateurs feraient bien d'exiger que l'on s'en tienne à la seule analyse de coliformes totaux de leurs eaux, rien de plus, dans un premier temps! Et, dans un deuxième temps, ils feraient bien de suivre rigoureusement les recommandations de la défunte FAPEL concernant l'interprétation des résultats. Dans la très grande majorité des cas, l'analyse des coliformes totaux suffit pour répondre aux interrogations de base des citoyens sur la qualité de leurs eaux.

La triste histoire du contrôle des eaux potables au Québec!

Il y a longtemps, le ministère de l'Environnement était directement responsable du contrôle des eaux potables, c'est-à-dire qu'il devait s'imposer ses propres exigences et voir lui-même au contrôle de la qualité des eaux de consommation. Malheureusement, comme d'habitude, il s'est mal acquitté de sa tâche. Résultats: les eaux potables devenaient de moins en moins potables! Il s'est donc débarrassé de cette encombrante responsabilité, en la refilant aux usagers. Il est maintenant libre d'adopter des règlements mur à mur et des exigences souvent inapplicables, qu'il ne s'était d'ailleurs jamais imposé à lui-même au moment où il était encore responsable du contrôle des eaux potables à 100%.

Et c'est ce qui explique que la récente réglementation sur le contrôle des eaux potables s'applique à tous les types d'usagers, sans distinction. Un commerce, un villégiateur, une pourvoirie, un terrain de camping, une municipalité, une industrie, c'est du pareil au même pour le ministère du Développement durable. Les mêmes exigences s'appliquent! Mur à mur!

Je considère que la présente réglementation sur le contrôle des eaux potables est une réglementation bâclée! Et je ne suis pas le seul à penser ainsi. Le célèbre chroniqueur de chasse et pêche du journal Le Soleil, André-A. Bellemare, ne mâche pas ses mots, lorsqu'il analyse cette réglementation. À lire ses commentaires, les villégiateurs vont vite réaliser qu'ils ne sont pas les seules victimes des fonctionnaires bornés du ministère du Développement durable!  

Bellemare sort de ses gonds!

  Dans un récent article publié dans le journal Le Soleil, notre célèbre chroniqueur nous apprend que les milliers de propriétaires de terrains de camping et de pourvoiries en chasse et pêche ont, eux aussi, mal réagi aux exigences mur à mur du ministère du Développement durable concernant le contrôle et la qualité des eaux potables. Et pour cause! Pour appuyer leurs protestations, notre vaillant chroniqueur a sorti sa varlope! Et quand notre ami Bellemare sort sa varlope, ça varlope!

Écoutons ce qu'il a à dire!

    «Pour satisfaire les exigences du ministère du Développement durable, les propriétaires de bâtiments commerciaux en forêt devront investir une fortune dans le forage de puits, la construction de réseaux d'aqueduc et d'égouts, l'édification d'usines de traitement des eaux, la réfection de la tuyauterie des bâtiments, le prélèvement d'échantillons par des opérateurs de traitement d'eau formés par Emploi-Québec, puis dans l'analyse régulière des échantillons par des entreprises privées».

    «Jusqu'à maintenant, les fonctionnaires du ministère du Développement durable refusaient les solutions adaptées aux établissements commerciaux situés hors des villages et des villes. Ces fonctionnaires sont si enragés qu'ils refusent que les pourvoiries installent des refroidisseurs d'eau dans les chalets et y distribuent des cruches d'eau embouteillée. Pourquoi? Parce que les gens manipulant les cruches n'auraient pas nécessairement les mains propres et exemptes de toute bactérie!»

    «Il est surprenant qu'aucun d'entre eux n'ait encore proposé qu'on fasse bouillir l'eau des sources, ruisseaux, rivières et lacs pour offrir aux poissons, aux oiseaux et aux autres animaux sauvages une eau plus potable que celle coulant actuellement dans nos forêts.»

    «Face aux protestations et par pure générosité envers les milliers de propriétaires de terrains de camping et de pourvoiries en chasse et pêche, le ministère du Développement durable a fini par leur faire savoir qu'il n'y aurait plus de menace de fermeture, même si l'eau de ces établissements n'est pas potable, selon les normes et règles du ministère. On précise que le ministère du Développement durable n'obligera pas ces gens-là, qui accueillent des millions de visiteurs annuellement, à fermer leurs portes. Quelle magnificence! Mais le ministère du Développement durable va quand même obliger ces milliers de propriétaires à avertir leurs millions de clients que l'eau n'est pas potable dans leurs établissements. Et pour s'assurer que les clients seront bien informés, le ministère du Développement durable affichera, sur Internet, les noms des entreprises dont l'eau n'est pas potable. Ainsi les internautes de la planète pourront le savoir, et fuir le Québec comme la peste!»

    Je suis d'avis que le contrôle des eaux potables a carrément fait perdre la boule aux fonctionnaires du ministère du Développement durable!

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