HISTORIQUE













 


Pionnier de l'indépendance
Jean Côté, Québécor, 1979 

Introduction

Si était resté fonctionnaire fédéral à Ottawa, douillettement installé à Hull, sa ville natale, le Québec ne serait peut-être pas ce qu'il est.

Rien n'obligeait à jouer les Jeanne­D'Arc et à tomber à bras raccourcis sur cette bonne vieille Confédération qui donnait l'impression d'être immuable dans le temps et dans l'espace.

Si était resté dans le fonctionnarisme, Pierre Bourgault aurait fait son lit à la grosse Presse, René Lévesque serait probablement président d'un quelconque organisme et la plupart de ceux qui, aujourd'hui, ont un siège au Parlement dans le gouvernement péquiste, occupe­raient des postes anonymes dans leur région respective.

Sans vouloir minimiser le courage des indépendantistes - Paul Bouchard, Raymond Barbeau, Raoul Roy, An­dré d'Allemagne, Pierre Bourgault, Guy Pouliot, et quel­ques autres patriotes bien inspirés - , avec deux jeûnes consécutifs et une carrière scientifique aban­donnée, a été l'instigateur de l'engagement total. Peu d'in­dépendantistes ont autant donné de leur personne.

Mais tout s'oublie vite. Le temps atténue les actions d'éclat et seuls les aînés se rappellent, aujourd'hui, la con­tribution magistrale de à la cause de l'Indé­pendance. Son action percutante a été souvent le sujet de vives controverses - même dans les milieux indépendantis­tes - mais tous s'accordent à reconnaître la probité du petit gars de Hull et sa foi inébranlable en l'avenir du peuple québécois.

n'a pas accroché les gants. Il est tou­jours sur la barricade et ne rate aucune occasion de démolir l'adversaire. Présent dans les journaux, participant à des émissions de radio ou de télévision, accordant des inter­views à des journalistes étrangers de passage au Québec ou qui viennent le voir, se décrit comme Républicain inconditionnel.

Mais derrière les déclarations tonitruantes, les polémiques passionnées, les accrochages avec les tenants du pouvoir, il y a ce que peu de gens connaissent, un homme au coeur d'or qui ne sait pas dire non.

C'est ce Chaput-là qui nous intéresse.

Lorsque je lui ai demandé de se raconter, il a d'abord refusé... puis s'est ravisé.

- J'accepte... à une condition. Que vous me donniez une bonne raison... une raison suffisante qui m'incitera à vous livrer en vrac des confidences que je n'ai jamais faites à qui que ce soit.

- Mon cher Chaput, vous appartenez à l'Histoire ! ai­je répliqué sur le ton qu'il fallait.

- Bon. Cet argument n'est pas tout à fait dénué de vérité. Et quand commence-t-on ?

- Tout de suite... à moins que vous ne vouliez remettre ça à plus tard ?

- Non, ça va aller. Vous le regretterez, je suis terriblement bavard.

Avec cette fougue qui ne se dément pas avec les années — il a déjà 60 ans bien sonnés —  (que les uns appellent le Père de l'Indépendance du Québec) a ratissé le passé pour nous livrer les bons et les mauvais souvenirs d'une vie riche, passionnante et engagée. J.C.

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