HISTORIQUE













 

LES BÉCOSSES DE PAR LE MONDE
Alberta, Manitoba, Montana et Missouri
 Adaptation française: Monique Robillard

Vous pouvez participer à la construction de cette collection de photos en nous faisant parvenir vos photos de bécosses.

Les toilettes modernes: une commodité plutôt récente en Alberta.

Dans les petites communautés rurales de l'Alberta, quelques familles n'ont installé les W.C., «à l'intérieur», que dans le milieu des années 1960, une époque relativement récente.

La construction d'une bécosse. Raconté par Rose Adamson (née en 1914).

La bécosse moyenne s'élevait à 7 pieds de hauteur sur un carré de 4 pieds par 4 pieds. D'ordinaire, elle avait un trou, mais les sièges de plusieurs de ces bécosses étaient équipées de deux trous et, au siècle dernier, les hôtels construisaient souvent des bécosses qui pouvaient accommoder 12 personnes assises en ligne! Un hôtel du Montana avait même une bécosse à deux étages: une planche permettant d'accéder au deuxième étage de la bécosse à partir du deuxième étage de l'hôtel. Les «déjections» tombaient dans un espace de 1 pied de largeur aménagé derrière le premier étage de la bécosse et rejoignaient ainsi la fosse commune. 

La bécosse était facile à construire. Elle n'était, en fait, qu'une structure de bois avec un toit, un plancher et une porte. À l'intérieur, une boîte de deux pieds de hauteur occupait toute la largeur de la structure et était construite dans la moitié arrière de la structure, appuyée sur le mur arrière dont elle dépassait d'environ deux pieds. La surface de cette boîte était percée d'un trou oblong d'environ 12 pouces par 10 pouces. On creusait un trou d'environ 5 pieds de profondeur dans le sol et on installait la structure solidement au-dessus de cette fosse.

Certaines bécosses résistent avec opiniâtreté aux assauts du temps

Cette vieille bécosse trône dans la plaine Albertaine et constitue l'unique vestige d'une ancienne ferme domaniale. Elle semble aujourd'hui bien seule.

Un aperçu de l'aménagement intérieur d'une vieille bécosse albertaine

 
Il n'est pas nécessaire d'être ébéniste pour assembler une de ces structures, à moins de vouloir quelque chose de très sophistiqué.

 
Bécosse cossue!

Cette bécosse est entièrement constituée de morceaux récupérés de vieilles palettes de chêne. Coût total: moins de $12.00. Tout ce que nous avons dû acheter: une boîte de clous et la douille pour la lampe électrique. Le reste, fils électriques et boîtes de raccord, commutateurs, bardeaux pour la toiture et plexiglass pour la fenêtre, tout ça, c'était des trucs qui trainaient dans le garage.

La bécosse est éclairée, chauffée ( le calorifère est situé au-dessus de la porte) et équipée non seulement d'un porte rouleau de papier de toilettes mais aussi d'un support à canette et d'un porte-revues. De larges poignées, construites à même la structure externe permettent de déplacer facilement cette dernière quand la fosse est remplie. En fait, le seul problème auquel sont confrontés les usagers, dans ce camp de chasse dans le nord du Missouri, c'est qu'il est extrêmement difficile de quitter la bécosse, et  de partir en forêt, par un de ces matins glacials du mois de novembre! . Jim Flowers (St. Louis, Mo.)

QUESTIONS ET RÉPONSES

 Est-ce que les bécosses puaient?
Oui.

Quelle sorte de papier utilisait-on?

Même si le papier de toilette était probablement assez facile à trouver dans l'ancien temps, l'habitude n'était pas encore répandue. Les gens ne connaissaient pas mieux et avaient mieux à faire que de dépenser le peu d'argent qu'ils avaient pour des nouveautés inutiles. Les histoires abondent qui décrivent l'usage de vieux journeaux, du catalogue Eaton et des autres revues, accumulés dans la bécosse pour autre chose que la lecture. On déchirait une page qu'on froissait pour l'assouplir un peu et hop! Prêt à utiliser!

En été comment contrôlait-on les mouches?

Bien des gens n'étaient pas vraiment incommodés par les mouches.Certaines bécosses plus sophistiquées avait un couvert sur le siège. Et ceux qui s'en préoccupaient vraiment, achetaient de la chaux en poudre ou parfois de la soude caustique qu'ils saupoudraient périodiquement dans la fosse. Cette pratique diminuaient aussi sérieusement les odeurs nauséabondes. Une chose est certaine, à la vue d'une mouche posée sur votre assiette, la question de savoir où au juste elle pouvait avoir marché avant, prenait une toute autre saveur quand on savait qu'il y avait une bécosse tout près.

À quelle distance de la maison se trouvait la bécosse?

Cela variait généralement entre 50 et 150 pieds.

Pouvait-on faire autrement pendant les grands froids d'hiver?

Qu'aurait-on pu faire d'autre? De vieux routiers s'amusent aujourd'hui à raconter comment, quand ils étaient enfants, ils devaient prendre une course rapide de 150 pieds par une nuit noire en plein coeur de l'hiver, anticipant avec effroi de poser leur petit postérieur dénudé sur ce trône glacé. Mais, dans bien des familles, chacun avait son pot de chambre, sous le lit,  prêt à dépanner. Cependant, le pot de chambre ne servait absolument pas aux «gros besoins» qui obligeaient de toute façon  le malheureux à sortir et faire un sprint  jusqu'à la bécosse. Et puis, au matin, quelqu'un devait sortir les pots de chambre et les vider et les rincer au puits ou encore au ruisseau, peu importe qui vivait plus bas.

Qu'arrivait-il quand la fosse sous la bécosse était pleine?

Il revenait généralement au chef de la famille de creuser un autre trou, à courte distance de la vieille bécosse, de déplacer la structure pour l'installer fermement au-dessus de la nouvelle fosse et de recouvrir la vieille fosse avec la terre excavée du nouveau trou. Je connais, toutefois, quelqu'un, un oncle, qui, ne voulant pas creuser une nouvelle fosse, s'est mis dans la tête de vider la fosse utilisée (l'opération a laissé le siège légèrement barbouillé).

Et l'intimité?

Heu! Parfois il n'y en avait pas du tout. S'il s'agissait d'une bécosse à deux sièges et que deux personnes avaient un besoin urgent au même moment, s'en était fait de l'intimité. Les résidences modernes ont aujourd'hui deux ou trois toilettes, mais je n'ai jamais eu vent de quelqu'un qui, à cette époque, aurait eu la brillante idée de creuser deux fosses et installer deux bécosses. Ça ne se faisait tout simplement pas.

Comment faire en sorte que le trajet vers la bécosse ne
heurte pas la délicatesse de la gente féminine?

N'oubliez pas de toujours situer la bécosse de l'autre côté de la corde de bois. Les femmes, plus facilement gênée, pourront s'arrêter et ramasser quelques bûches si la présence d'un homme dans les parages les embarrasse. De cette manière, l'homme de la maison peut n'avoir jamais à rentrer du bois! Et puis, ne placez jamais la bécosse sur une colline, mais plutôt en contrebas ou, du moins, au même niveau que la maison, puisque, finalement, le temps nécessaire pour revenir à la maison, n'a plus aucune importance! (Suggéré par Mike Taylor)

Et maintenant, la question la plus souvent posée: -
Qu'en est-il de la fenêtre découpée en forme de lune dans la porte?

Au début de la colonie, la lune et les étoiles désignaient à quel sexe était destinée la bécosse. Au départ, une lune identifiait la bécosse des femmes et une étoile celle des hommes. Mais la bécosse des hommes était généralement tellement mal entretenue, que tout le monde voulait utiliser la bécosse des femmes. Et, avec le temps, on a cessé d'utiliser l'étoile, tout simplement.

Authentiques histoires de bécosses
En courant l'Halloween

Adolescents, nous nous amusions toujours beaucoup à jouer des tours, à l’Halloween. L’une de nos cibles favorites était l’agent de police du village. Lorsque notre petite bande d’amis courait l’Halloween, lui, restait à la maison surveillant pour s’assurer qu’aucun de nous ne réussisse un tour à notre façon sur sa propriété.

Le soir de l’Halloween de 1928, j’avais 16 ans et nous étions près de chez lui, cherchant une manière de le piéger, de lui jouer un bon tour. Nous le surveillions de près et nous l’avons vu sortir de la maison pour se diriger vers la bécosse. Pensant que nous faisions tout pour renverser la cabine, il y est resté planqué avec l’intention de nous surprendre en nous prenant sur le fait. Avec un ami, j’ai défait un grand fil de fer de la clôture, et nous avons fait signe au reste de la bande de contourner le site et de faire comme si nous allions approcher par l’autre côté. Pendant que notre policier surveillait de près cette manœuvre, mon compère et moi, nous nous sommes approchés par derrière, et nous avons ceinturé la bécosse à l’aide du fil de fer en tournicotant comme il faut les extrémités pour l’attacher bien solidement. Puis, nous avons fait signe aux amis de venir nous rejoindre pour nous aider. Entendant les mouvements tout près, il a voulu sortir pour nous faire peur, mais il était trop tard ! C'est lui qui est resté surpris, enfermé, et doublement coincé, quand nous avons finalement renversé la bécosse, porte contre terre. Nous avons filé en vitesse et, heureusement, il n’a jamais pu identifier aucun de nous.

Le plus drôle c’est que, le lendemain, assis au restaurant du coin, j’ai entendu quelqu’un parler de l’affaire. Mon voisin de table s’est mis à raconter : «Il s’est passé quelque chose de très étrange hier soir. J’étais sorti et ma femme était seule à la maison quand elle a entendu quelqu’un crier. Elle est sortie pour voir de quoi il retournait, et voilà qu’elle a trouvé la bécosse de notre policier municipal renversée, et notre homme coincé à l’intérieur, la tête sortant du trou. Elle était incapable de le sortir de là et a donc alerté le voisin qui à son tour a demander l’aide d’une autre personne pour enfin réussir à lever la bécosse et sortir le malheureux de là». Raconté par Lewis Adamson (né en 1912)

Les joies de la bécosse

Mes souvenirs me rappellent la petite bécosse en haut de la colline, à bonne distance des habitations pour protéger les petits nez délicats de ceux qui vivaient dans le secteur.

J’étais malade d’avoir mangé trop manger de ces merveilleux petits pois verts du potager, et l’urgence d’une course vers la petite cabane sur la colline s’est rapidement imposée. Je me suis rendue sans heurt et j’ai accompli ma «mission», mais c’est au retour que les choses se sont gâtées. En fait, je me suis réveillée, à mi-chemin entre la bécosse et la maison; j’étais étendue de tout mon long dans le sentier! Je me suis relevée et, comme rien ne semblait brisé, j’ai complété avec succès le trajet de retour. Mais que de tribulations sont associées à cette petite cabane sur la colline!

Un autre souvenir, plutôt désagréable, implique le vent du nord et le thermomètre obstinément figé sous zéro alors que la mauvaise température ne diminuait aucunement la nécessité d’une course jusqu’à la bécosse. Le siège glacé n’aidait rien! Pas question de flâner! Les «dégâts» congelaient presque instantanément et formaient une pyramide qui gagnait rapidement en hauteur, jusqu’à toucher le siège! Les yeux fermés, je revois encore le cône bien formé qu’on devait régulièrement faire basculer pour faire de la place pour de nouveaux dépôts. Oh les joies de la bécosse!

En été, la chaleur enveloppait le «dépôt», et la senteur imprégnait vraiment toutes la bécosse et ses alentours. Ainsi, il n’était pas plus question de flâner qu’en hiver, mais pour une raison bien différente. L’intérieur se remplissait de grosses mouches dont le bourdonnement ne cessait jamais. Chaque fois, je pouvais fermer les yeux et imaginer ces mêmes mouches se posant dans mon assiette.

Pendant la dépression, le gouvernement a envoyé des chômeurs dans les régions rurales avec pour mandat de construire de nouvelles toilettes extérieures. En un rien de temps, une jolie bécosse neuve trônait sur le dessus de la colline. Un carré de béton entourait le trou, et un beau couvercle avait été installé qu’on pouvait ouvrir ou fermer, au besoin. Cette nouveauté rendait l’endroit très agréable. Enfin, l’histoire de la petite bécosse en haut de la colline ne saurait se terminer sans une mention spéciale accordée au vieux catalogue Sears Roebuck dont le rôle n’était pas sans causer une certaine anxiété. Nous étions loin de la douceur du coton qu’on reconnaît au papier de toilette d’aujourd’hui.

Merci bien, mais je m’en tiendrai à ma nouvelle toilette, dans la maison ! Lucinda Jensen


Bécosses du bon vieux temps est tiré du site de Walton Feed

Encouragez Walton Feed

Autres photos de bécosses transmises par Céline Brien
la dernière présidente de la FAPEL.

De Céline Brien, ex-présidente de la FAPEL
Ref: Tirée de StrangeCosmos.com - Stone Outhouse at the Sea

 

Engin de recherche
Taper un mot clé