PLAN DE GESTION DE LA PÊCHE
LA TRUITE ARC-EN-CIEL!

Faite sur mesure pour nos lacs

En Europe, aux États-Unis, au Mexique et partout dans le monde où la truite arc-en-ciel a été implantée, les spécialistes et pêcheurs sont d'une rare unanimité sur ses grandes qualités et sur son énorme potentiel comme truite de l'avenir. Cette truite est beaucoup moins vulnérable que la mouchetée et elle s'adapte admirablement bien à toutes sortes d'environnement et d'habitats. En moins d'un siècle, elle a presque littéralement envahi la planète! En 1971, elle était déjà établie dans 39 états américains où elle n'était pas présente avant les ensemencements. Elle a même été naturalisée c'est-à-dire qu'elle est maintenant considérée comme une espèce indigène. On la trouve aussi dans toutes les provinces du Canada à l'exception des Territoires du Nord-Ouest et sur tous les continents, à l'exception de l'Antarctique. À son crédit, il faut ajouter qu'elle ne pose pas de difficultés particulières d'élevage en pisciculture. Les premiers ensemencements dateraient de 1874. Nous sommes loin d'avoir pu exploiter l'énorme potentiel de cette truite pour la pêche récréative. Déjà, elle se mérite la gratitude de milliers et de milliers de pêcheurs de toutes nationalités qui n'en finissent plus de s'étonner devant ses prouesses, son pouvoir d'adaption et sa façon bien à elle de répondre aux attentes des pêcheurs.

Elle se moque des espèces compétitrices
En plus de s'adapter à toutes sortes de conditions, elle se moque des espèces compétitrices. Dans l'estomac d'une truite arc-en-ciel de 48 cm de longueur et d'un peu plus de 1 kilo capturée au lac Bromont, dans l'Estrie, on a découvert 15 perchaudes d'une taille d'environ 7,5 cm. Les pêcheurs de ce lac, infesté de crapets, de brochets maillés, de barbottes brunes, de meuniers et de perchaudes, croyaient dur comme fer qu'aucune espèce de truite n'arriverait à survivre dans une telle bouillabaise. Pourtant la truite arc-en-ciel s'y trouve très à l'aise. Elle est faite sur mesure pour les lacs de villégiature.

Je favorise les ensemencements de truites arc-en-ciel, tout le monde le sait. Cela dit, certains se demandent si en favorisant les ensemencements de truites arc-en-ciel dans nos lacs, je ne travaille pas contre le principe de l'introduction d'espèces étrangères. Il semblerait que oui, à première vue! Mais pas si l'on tient compte du fait que les introductions de truites arc-en-ciel sont une nécessité au Québec. Ça fait presqu'un siècle, d'ailleurs, qu'on ensemence de l'arc-en-ciel. Et nous devons continuer. Nous n'avons pas le choix! Nos lacs se sont dégradés considérablement durant les dernières années, rendant nos populations de truites mouchetées de plus en plus vulnérables. Sans compter qu'ils ont à peu près tous été contaminés par les espèces nuisibles, la plus détestée de toutes ces espèces étant le meunier, mieux connu de son nom anglais de Sucker, à cause de sa taille et de sa bouche en cul de poule, pas très appétissante! Il faut rappeler que les espèces nuisibles exercent beaucoup de pression sur les populations de truites! Ce sont de féroces compétiteurs sur les plans de l'espace et de la nourriture. Sans compter que le meunier ne se gêne pas pour occuper les mêmes frayères que la truite mouchetée. Pour terminer ce petit cours Truite 101 sur les espèces nuisibles, ajoutons que l'on trouve encore des lacs au Québec où on ne trouve rien d'autre que de la truite, mais ils ne sont pas nombreux. Dans ces lacs, les truites doivent se résigner à se nourrir exclusivement de plancton et d'insectes! Ça ne fait pas des enfants forts!

Mais comment en sommes-nous ainsi arriver à contaminer nos lacs? Triste à dire, mais ce sont les pêcheurs eux-mêmes, par leurs pratiques de pêche, qui ont contribué à la propagation excessive des espèces nuisibles dans la plupart de nos lacs, en les utilisant comme poissons appâts. Mais les vrais coupables, ce sont les biologistes de la faune, car c'est à eux que l'on doit les règlements permissifs des années passées qui ont permis le libre transport et l'utilisation de poissons appât dans nos lacs à mouchetées. C'est d'ailleurs ce qui explique que la mouchetée soit en perte de vitesse au Québec. Les biologistes de la faune se sont ravisés depuis, et cette pratique et l'utilisation de poissons-appêt est maintenant sév`rement réglemnté. Mais il est malheureusement trop tard pour la mouchetée de nos lacs.

Ce qui explique que pour réparer l'impardonnable erreur des biologistes de la faune de l'époque et assurer le retour de la truite dans nos lacs, nous devons, aujourd'hui, les repleupler avec de la truite arc-en-ciel. Il est donc étonnant qu'après avoir été les grands responsables de l'envahissement de nos lacs par les espèces nuisibles, les biologistes de la faune s'en prennent à moi maintenant parce que j'encourage les pêcheurs à ensemencer de la truite arc-en-ciel dans leur lac.  

Seule la truite arc-en-ciel a le potentiel requis
pour repeupler nos lacs
 

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