Avant 1760, le Canadien français était chez lui dans
tout le bassin du Saint-Laurent, du Mississippi et de leurs
affluents: il pouvait chasser, commercer et s’établir
n’importe où et vivre selon ses lois et ses coutumes,
depuis les rives de la Baie Française (Fundy) jusqu’aux
Rocheuses et à la Nouvelle-Orléans.
Le traité de Paris, en 1763, lui ravit toute la rive gauche
du Mississippi.
Le traité de Versailles, en 1783, le refoula jusqu’aux
Grands Lacs et lui enleva le Maine.
Un décret britannique, en 1784, lui déroba
l’Acadie continentale, jetée en pâture aux
loyalistes (ainsi naquit la province du Nouveau-Brunswick).
Sept ans plus tard, en 1791, l’Acte Constitutionnel amputait
son domaine de toute la péninsule ontarienne, donnée en
partage à ces mêmes loyalistes.
Un tribunal international rogna sa frontière orientale, en
1843, en faveur du Maine.
Enfin, une décision du Conseil privé, en 1927, le
priva de 110 000 milles carrés de son territoire de Terre-Neuve.
Voilà à nu l’Acte de l’Amérique du
Nord britannique! Je ne comprends pas qu’on demande de revenir
à l’esprit de cette loi destinée à nous
amuser, tout en nous conduisant à notre cercueil.