|
|
|
XX. L'Empire des lacs! |
|
Sous le régime péquiste, mes premiers démêlés avec le ministère de l’Environnement me font rapidement comprendre que, trop près des citoyens, je serais toujours perçu comme un dangereux personnage. Comme je ne suis pas du genre à plier bagage, j’ai donc pensé concentrer éventuellement mes activités dans un domaine où je suis moins vulnérable, celui de la protection de l’environnement des lacs. Pourquoi? Parce qu’en bordure de la plupart des lacs de villégiature, on trouve des associations de citoyens regroupées au sein de la puissante Fédération des associations pour la protection de l’environnement des lacs (la FAPEL), qui va me servir de bouclier contre les pontifes du ministère de l’environnement qui se sont juré d’avoir ma peau. Je n’ai plus à défendre directement mes activités devant les gardiens de la République, c’est la FAPEL qui s’en charge auprès du Ministre, au nom des citoyens! Avec la FAPEL, je me sens protégé, invulnérable. Je fonce! En quelques années seulement, le Programme des lacs devient un véritable commando de combattants à l'intérieur du ministère de l'environnement. Une force de frappe que les gardiens de la République appelent malicieusement l'Empire des lacs! Putsch La
direction générale de la nature À défaut d'un nouveau volet dans la loi, il est question, à la FAPEL, que le Programme des lacs prenne du gallon pour devenir la Direction générale de la nature. Marcel Léger n'y voit pas d'objections et il prend sur lui d'annoncer publiquement cette bonne nouvelle au congrès annuel de la FAPEL. Tout le monde saute de joie. Mais l'allégresse est de courte durée! Le lundi suivant, à l'ouverture des bureaux du Programme des lacs le téléphone sonne. Forts de l'annonce du ministre, nous avons commencé à nous identifier en conséquence: «Direction générale de la nature, Bonjour!» Malheureusement, à l'autre bout du fil se trouve le chef de cabinet de Marcel Léger. Il se montre outré que nous ayons pris les devants. Il semble que l'annonce de Marcel Léger soit une aussi grande surprise pour les membres de son cabinet qu'elle l'avait été pour nous. Résultat: la Direction générale de la nature n'a jamais vu le jour. L'aménagement
des lacs et cours d'eau Le truc est courant dans la Fonction publique. On change le statut du poste que vous occupez, et ce faisant, on vous oblige à vous présenter à un concours, comme tous les autres candidats, comme si vous étiez un néophyte. Tout le monde est mort de rire dans le milieu. Le Sauteur «pogné» dans un concours organisé par la haute direction du ministère de l'Environnement? Ça va brasser! D'autant plus que c'est le ministère qui a la main haute sur le choix du jury et les critères de sélection. Tout le monde croit que je suis cuit, condamné à devenir un simple subalterne au sein du Programme des lacs, un programme que j'ai créé de toutes pièces et dirigé avec succès pendant plusieurs années. Pas si vite! Je leur ménage une vilaine surprise. Je refuse carrément de participer à ce concours bidon. C'est une première dans la Fonction publique québécoise! Les hauts fonctionnaires du ministère de l'Environnement et de la Fonction publique se sont ainsi trouvés démasqués et, à la toute dernière minute, pour éviter d'être ridiculisés à la grandeur de la province, ils ont annulé le concours pour me «nommer» par la porte d'en arrière à la Direction générale de l'aménagement des lacs et cours d'eau. Et c'est ainsi que, sous un nouveau gros titre, le Programme des lacs continue d'exister et continuera encore pendant plusieurs années. La
retraite La
FAPEL rebondit Toujours
dans le combat |
Seach
engine / Engin de recherche
Type
a keyword / Tapez un mot clé