L'équipe du tonnerre a pourvu le Ministère des
Affaires Culturelles d'un Office de la langue française.
Reconnaissance éclatante de l'abâtardissement de notre
langue et de son inutilité en tant qu'instrument de travail.
Mais aussi un moyen énergique de combattre une maladie chronique.
Monsieur Jean-Marc Léger, homme d'une compétence
reconnue avait de grands desseins. Les brillantes conférences
qu'il prononce un peu partout à travers l'État du
Québec le prouvent sans conteste. L'accueil et l'appui que ses
propos reçoivent témoignent d'un intérêt
profond et actif.
Nous ne voyons pourtant nulle part appliquées les
réalisations qu'il prône, les transformations qu'il
demande, les remaniements qu'il préconise. Ceci parce qu'il ne
peut fournir les instruments qui permettraient leur
concrétisation. Nous ne voyons nulle part les livres, les
manuels techniques et spécialisés, les techniciens que
Monsieur Léger ne nous a pas promis, mais qu'il voudrait
pouvoir nous donner!
Faut-il blâmer Monsieur Léger? Non! Les crédits
attribués au Ministère des Affaires Culturelles sont
dérisoires. Que dire alors de ceux de l'Office de la langue
française. Si dans sa sagesse et sa prudence Monsieur Lesage,
le bien nommé, a jugé préférable de
ménager la chèvre et le chou en honorant une promesse
faite aux électeurs québécois tout en ne donnant
aucun pouvoir, aucune initiative et surtout aucun crédit
à l'Office de la langue française, pour se concilier
les faveurs d'un gouvernement fanatiquement anglo-saxon et d'une
minorité lourdement agissante, si Monsieur Lesage a jugé
préférable de rendre inutilisable le merveilleux
cadeau qu'il nous avait fait, alors nous n'en voulons plus.
On voile, on cache, on «joualise» notre langue
maternelle, la langue française. Pourquoi s'en étonner?
Monsieur Lesage est bilingue à Québec, unilingue
anglais à Ottawa. Monsieur Lesage a des goûts simples
à Québec et une politique de grandeur à Ottawa.
Nous ne voulons plus d'une langue abâtardie. Nous ne voulons
plus d'une langue folklorique. Nous voulons une langue claire,
nuancée qui devienne enfin le véhicule précis de
notre pensée et l'outil efficace d'une vie individuelle,
collective et nationale, pleine et vivante.
Nous voulons savoir si dans l'État du Québec,
l'Office de la langue française est un instrument de choix
délibérément faussé par Monsieur Lesage. Si c'est la vérité, comme elle nous apparaît,
c'est pour nous une raison de plus de travailler à notre
indépendance afin de pouvoir crier un jour: vive la langue
française !
Vive cette langue de très haute
civilisation qui nous rendra les égaux fraternels des peuples
et des hommes libres du monde!