NDLR : Libre Nation reprenait souvent des articles du journal
de Paul Bouchard, La Nation. L’article
qui suit a été publié dans La Nation du 25 juin
1936, il y a plus de 60 ans et près de 30 ans avant la
publication du journal Libre Nation. Il est signé de Jean-Louis
Gagnon qui, à l’époque, était un farouche
indépendantiste dont la plume acérée charcutait
littéralement les adversaires. À la lecture de cet
article, on réalise que La Nation et les
indépendantistes des années 1930 n’avaient rien de complaisant!
Mufle va! Non satisfait de la ratatouille que le populaire venait
de lui servir l’énergumène (Bennett) laissa couler
sa bave. La chemise à plastron et le haut-de-forme
déguisaient mal le gentleman tory. Sous les gestes ronds qui
lui valurent, jadis, les douces faveurs de madame Eddy, nous
devinions la crapule orangiste, le mange-canayen. Plusieurs
collaborateurs de La Nation ont démontré (textes en
mains) tout ce qu’il y a de couillon dans l’affaire de la
monnaie bilingue.
Puisque les orangistes refusent le principe de
l’égalité des races pourquoi parler encore de
bonne-entente? Demandons-nous plutôt ce que nos pères
allèrent foutre dans cette maudite galère
confédérative. De deux choses l’une: ou bien nous
avions droit à la monnaie bilingue, ou bien nous n’y
avions pas droit. Si nous y avions droit, nous disons que le seul
fait de nous avoir refusé, pendant 75 ans, cette parcelle de
notre dû est suffisant pour nous faire douter à jamais
du bon vouloir des canailles de Toronto-la-pure; si nous n’y
avions pas droit, nous reposons la question: que diable faisons-nous
dans cette maudite galère?
Allons, abattons les cartes! Nous n’avons plus qu’une
chose à faire: ramasser nos petits et revenir tout simplement
chez nous, dans un état libre français. D’ailleurs
la mauvaise foi des «Englishs» est patente;
particulièrement celle de Bennett. En même temps
qu’il gueulait contre la monnaie bilingue pour respecter
(qu’il disait) les droits de la majorité il votait pour
l’application des sanctions contre l’Italie pour respecter
— cette fois-là — les droits minoritaires(???)
d’un peuple barbare composé de sadiques, de
syphilitiques, d’eunuques et d’esclaves. Même plus,
ce fils de l’Empire ajouta une suite à la farce des
sanctions. Au moment où le petit crevé d’Eden
conseille de rappeler les sanctions, Bennett bataille contre le
projet proposé par King. Non! lui, Bennett, ne veut pas
laisser tomber les sanctions. Bennettt est un fils d’empire qui
refuse d’accepter des conditions de mauvaise paix. Les sanctions
nous font perdre des milliers de dollars par mois? Peu importe! Les
sanctions affament toute la population qui existe
éparpillée le long de la côte de Gaspé? Il
s’en contrefiche! Affameur public, «mange canayen», chien
d’orangiste, capitaliste crasse — Bennett aura tout
ça et autre chose encore. Jamais nous n’aurons assez de
haine pour ce diable d’homme. Il serait à souhaiter qu'un
petit accident de voiture lui cassât les reins. Heureusement,
Bennett n’est plus en position. Chef d’une opposition sans
pouvoir, Bennett n’est plus à craindre. Qu’il gueule
sa haine anti française, Mon Dieu! c’est pas très
dangereux. Mais qu’il ne s’avise pas de jouer contre nous
pour de vrai. Ce jour-là nous n’hésiterons pas
à mettre en pratique le conseil de Maurras et à
protéger notre destin à l’aide de nos couteaux de
cuisine. En attendant, surveillons les acrobaties du vachéador!