J'apprends, dans le dernier numéro de votre journal, que
ce dernier sera entièrement rénové. Je me
réjouis de tous les progrès obtenus par les
indépendantistes et je vous souhaite plein succès.
Votre journal entend demeurer indépendant ou non
affilié, si on veut, à l'un ou l'autre des partis
politiques. Je comprends que cela ne veut nullement dire que vous ne
vous réserverez pas le droit de prendre position comme vous
l'avez fait d'ailleurs dans la dernière livraison. Cependant, à la réflexion, si Libre Nation a un
rôle unique et original à jouer dans ce travail de
libération nationale, ne serait ce pas celui de promouvoir
l'unité des indépendantistes?
Certains peuvent peut-être souhaiter à plus ou
moins brève échéance la mort, qui du
Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), qui du
Parti républicain du Québec (PRQ).
Vous connaissez le
PRQ. Quant au RIN il y a lieu de croire qu'il entreprendra
bientôt un renouvellement qui le fortifiera
énormément. Les indépendantistes sont pris pour
travailler dans la division pour un certain temps.
N'appartiendrait-il pas à un journal comme le vôtre de
faire ressortir les éléments communs à tous et
d'élaborer progressivement une solution (qui n'est pas encore
trouvée) pouvant permettre une unité d'action en 1966.
Je vous livre en vrac ces quelques réflexions avec la
conviction que vous les recevrez avec bienveillance. On ne gagne rien
à abaisser ses «frères indépendantistes
dissidents». Je ne demande pas pour le RIN un encensement de
première classe, je demande pour lui cependant un traitement
juste et équitable. Libre Nation devrait faire ressortir tout ce qu'il y a de bon
dans tous les mouvements indépendantistes et ses critiques
devraient être empreintes d'un esprit de fraternité
qu'on ne retrouve malheureusement pas dans l'article de Jacqueline Wanner.
Voilà! J'ai utilisé mon privilège de
lecteur. Moi, je peux parler. Vous seuls cependant pouvez
exécuter. Dans l'espérance que nos idées ne se
sont pas irrémédiablement éloignées.
Bernard Smith
Pouvons-nous vous rappeler quelques faits? Dans les jours qui
suivirent la fondation du PRQ, certains dirigeants du RIN
émirent des déclarations très hostiles envers le
nouveau parti et son chef. Certaines de ces mêmes
autorités du RIN, de façon sensationnelle et
imbécile, ont traité M. Chaput de paranoïaque.
Afin de mieux contrôler leur mouvement, ces mêmes
dirigeants ont expulsé tous leurs frères en
indépendance qui étaient inscrits au Parti
républicain. Dans le dernier numéro de
L’Indépendance la rédaction attaque de nouveau le
parti républicain.
Nous sommes certains que le PRQ est ouvert à toute
possibilité d'union et de front commun mais seulement avec
ceux dont les intentions sont nettes. Nous sommes payés pour
savoir qu'une entente fondée sur l'hypocrisie d'une des
parties a un goût fédéral peu agréable.
J'espère tout de même voir se réaliser nos voeux
communs pour une sincère fraternité des
indépendantistes et surtout pour le succès de notre
grande et fière cause, une patrie du Québec.
Jacqueline Wanner