La conquête du fleuve ne s'est pas arrêtée
là. Il y a eu d'autres batailles et d'autres vicotires
dont la plus importante a été celle de l'île
Sainte-Thérèse.
À partir de 1976, avec l'arrivée des péquistes, je fais
face à une toute autre mentalité: c'est le retour de la grande noirceur! Dans
le journal Le Devoir, je fais une déclaration
publique sur Un Fleuve, Un Parc, pour résumer la
situation et rappeler au gouvernement péquiste que Marcel
Léger s'était fait l'un des plus ardents défenseurs du projet
alors qu'il était encore dans l'opposition. René Lévesque
«pogne les nerfs» et je dois stopper
mes activités sur le fleuve. J'entre
alors dans une période clandestine.
Une période tranquille en apparence, mais fructueuse sur le
plan des acquisitions.
Avec madame Louise Lepage, je fonde la
Société canadienne pour la conservation de la nature,
le chapitre québécois de Nature Conservancy of Canada, une société dont le principal objectif est de lever des
fonds au Québec pour acquérir des sites naturels, seule ou avec la
participation d'autres organismes privés ou publics. Je crois fermement
que Nature
Conservancy of Canada doit avoir une vitrine française
au Québec, et être en mesure de lever, chez nous, des fonds
qui nous permettent d'acquérir des sites naturels sur notre
territoire.
Avec la
fondation de cette société, le projet Un Fleuve, Un Parc peut
maintenant développer son propre plan d'acquisition. C'est grâce à cette Société
que nous avons pu récupérer plusieurs îles dont l'île
aux Moutons, les îles de la Girodeau, l'île du Moine,
l'île aux Canards, l'îlet Vert, l'île de
la Traverse, l'île Mousseau et bien d'autres.
Au moment du lancement du projet Un Fleuve, Un Parc, seulement 17
des quelque 110 îles se trouvaient protégées. Grâce au programme d'acquisition,
ce chiffre est passé à plus de la moitié. Malgré ces succès, je suis bien conscient
que le fait d'avoir à stopper mes activités sur le fleuve,
sous le régime péquiste, mettra fin au projet Un Fleuve,
Un Parc. Requiescat in pace!