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Oui! Le retour de la truite est possible dans les lacs de villégiature, mais à condition que les lacs puissent leur offrir de bonnes conditions de vie, ce qui est le cas dans la très grande majorité des lacs.

Les truites ont des exigences très particulières. Un lac à truites doit offrir des eaux fraîches et bien oxygénées. Mais la température peut varier selon les espèces. La température préférée du Touladi (la truite grise), par exemple, est de 13ºC. Pour l'Omble de fontaine (la truite mouchetée), elle est de 18ºC. Les truites arc-en-ciel et les truites brunes peuvent s'adapter à des températures beaucoup plus élevées: 21ºC
pour l'arc-en-ciel et 23ºC pour la brune. Quant à l'oxygène, les exigences sont les mêmes pour tous les salmonidés: 5 mg/1. Parce que les populations de salmonidés ont été décimées sur leur lac, bien des pêcheurs ne croient plus au retour de la truite. Détrompez-vous!
Les villégiateurs doivent prendre leur lac en main Mais le retour de la truite exige des pêcheurs
des lacs de villégiature qu'ils soient prêts à prendre l'avenir de leur lac en main. Le retour de la truite exige aussi la création d'un Fonds d'ensemencement et la mise sur pied d'un système d'enregistrement des prises. C'est une avenue qui ne s'ouvre qu'aux pêcheurs responsables et organisés. Mais le succès est assuré si on s'en donne la peine!
Pourquoi la truite? La truite est le poisson favori de la très grande majorité des pêcheurs. C'est un poisson d'ensemencement facilement disponible. C'est un poisson familial. Qui n'a pas, un jour, taquiné ou rêvé de taquiner la truite? Tout le monde y passe: les jeunes comme les plus âgés, les gars comme les filles, les mordus de la pêche comme les pêcheurs occasionnels. La truite ne laisse personne indifférent. C'est
ce que j'ai
compris en mettant l'accent sur la truite.
Quelle espèce choisir? À l'origine, on ne trouvait que de la mouchetée et de la grise dans nos lacs de villégiature. On en trouve encore mais la majorité de nos lacs ont subi des transformations profondes. Le développement de la villégiature, par exemple, a contribué au réchauffement des eaux. Il n'est pas rare de nos jours de trouver des lacs où la température des eaux atteint 25ºC en surface, en période de grande
chaleur. Dans ces lacs, la mouchetée doit faire des miracles pour survivre, même, si en profondeur, les eaux sont parfois plus fraîches.
Dans un authentique lac à mouchetées, on devrait normalement trouver une zone d'au moins 2 mètres de profondeur où la température est égale ou inférieure à 18ºC. Les eaux doivent, bien sûr, être suffisamment oxygénées, c’est à dire contenir au moins 5 mg/1 d’oxygène. En eaux plus chaudes, ce sera plutôt la truite brune ou la truite arc-en-ciel qui pourraient prendre la relève puisque ces deux espèces supportent des températures plus élevées que la mouchetée.
Quant à la truite grise, le Touladi, c'est l'espèce la plus exigeante, car sa zone de confort se situe à l3ºC, en grande profondeur. Donc, si votre lac n'a pas au moins 15 mètres de profondeur et s'il n'offre pas des eaux bien oxygénées, à des températures égales ou inférieures à 13ºC, mieux vaut penser à une autre espèce. On a bien tenté de fabriquer un substitut à la truite grise, la truite Moulac, mais sans grand succès.
Enfin, la présence ou non d'espèces compétitrices dans un lac peut influencer le choix d'ensemencement. Dans un authentique lac à mouchetées, par exemple, il serait logique d'ensemencer de la mouchetée. Mais si le lac héberge une grande population de perchaudes, on fera mieux d’opter pour la truite arc-en-ciel. Dans ce genre d'environnement, elle donne un meilleur rendement.
Mouchetée, grise, brune ou arc-en-ciel? C'est d'abord et avant tout une question de température, mais aussi une question d’oxygène disponible et de compétition.
Des spécimens adultes Il ne faut surtout pas se faire d'illusions. Le temps des ensemencements avec des alevins, des fretins ou de jeunes truites est bel et bien passé. Les ensemencements d'aujourd'hui, pour être efficaces, doivent pouvoir satisfaire rapidement le pêcheur tout en tenant compte du fait que la plupart des lacs de villégiature sont infestés d'espèces compétitrices et qu'ils ont, parfois, subi de profondes
transformations. Les pêcheurs préfèrent les truites adultes. Elles sont plus sportives et ont de quoi satisfaire les plus gourmands. Sans compter que ce sont les pêcheurs eux-mêmes, ne l'oublions pas, qui alimentent le Fonds d'ensemencement de leur lac. Pour être en mesure de soutenir leur intérêt et les amener à souscrire des sommes importantes, année après année, il est vital qu'on leur assure d'excellents succès de pêche,
et des captures intéressantes! Quant aux espèces compétitrices, on connaît leur voracité. Il serait donc pour le moins imprudent de s'entêter à ensemencer d'appétissantes et minuscules petites truites dans des lacs où les différentes espèces de poissons jouent déjà des coudes pour se nourrir. Ces truites ne feraient que garnir leur garde-manger. Les pêcheurs n'en verraient jamais la couleur. La solution saute aux yeux : il faut ensemencer des spécimens adultes, c'est-à-dire des truites de 10
à 12 pouces de longueur. Ces truites sont de véritables prédateurs que les espèces compétitrices apprennent rapidement à respecter. Mieux vaut déguerpir et laisser ces monstres aux pêcheurs! Pour les incrédules, rappelons que j'ai
déjà capturé une truite arc-en-ciel de 20 pouces de longueur dont l'estomac contenait 18 perchaudes. En ensemençant de gros spécimens, le pêcheur en a vraiment pour son argent.
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Les truites n'aiment pas les eaux chaudes
Le réchauffement des eaux peut prendre l'allure d'une véritable catastrophe pour les truites. Le déboisement des rives d'un lac et de ses affluents ainsi que la dégradation de l'encadrement forestier sont les principales raisons qui mènent au réchauffement des eaux. Sur les lacs où la végétation des rives et des ruisseaux a été conservée à l'état naturel, on trouve facilement de 10 à l5ºC de différence entre la température des eaux
des ruisseaux protégés par un couvert forestier, et la température des eaux du lac qui sont à découvert. C'est dire jusqu'à quel point il est important de protéger les habitats riverains d'un lac et de ses affluents, si l'on veut qu'il demeure de bons lacs à truites.
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