|
Un de mes bons amis m'a demandé de lui expliquer de quelle façon nos ancêtres avaient procédé pour identifier les divers calibres de fusils. Ceci m'a donné l'idée de vous l'expliquer, car peu de chasseurs le savent. Cet article a donc une valeur historique! |
|
|
Parlant de fusil, l'honneur d'avoir inventé la première cartouche reviendrait à l'armurier français Lefaucheux, celui-là même qui serait l'auteur du première système à percussion pour cette arme à canon lisse qu'est le fusil. Il y a quelque 175 ans, un autre armurier, cette fois-ci un Anglais du nom de Joe Manton, établissait les standards pour charger ces fusils à canon lisse, ceux que nous identifions encore aujourd'hui comme «à baguette» ou «chou creux», c'est-à-dire qui se chargent par le canon. Ses données sont encore d'actualité puisque Joe Manon, après de longues expériences, établissait que 1 ou 1¼ once de projectiles ou plombs constituait une bonne charge pour être propulsée par 3½ drachmes de poudre noire. Pour la chasse, ce mélange déterminait l'équilibre idéal pour charger une cartouche ou un canon par la bouche. Ces chiffres étaient, d'ailleurs, encore très valables à la fin des années '70, puisque nous les retrouvions imprimés sur les couvercles de la plupart des boîtes de munitions achetées à l'époque. L'utilisation des armes chargées par la bouche demeure populaire, encore aujourd'hui, tellement que des périodes spéciales de chasse pour ces armes sont maintenant incluses dans les règlements. Ceci vous surprendra peut-être, mais les chasseurs ont déjà utilisé des fusils de calibre «.4». Figurez le canon monstre et les épaules de l'individu qui devait accuser le recul d'une telle pièce d'artillerie. À la fin des années '70, les calibres usuels sont les suivants: «.10», «.12», «.16», «.20», «.28», et «.410». Les premiers fusils étaient utilisés pour tirer des projectiles uniques, habituellement des sphères de plomb. Il était donc normal pour les premiers armuriers tout aussi bien que les manufacturiers de cette époque de définir le diamètre du canon d'un fusil en terme de pesanteur d'une boule de plomb. Pour définir ces fameux calibres, les experts d'un autre siècle décidèrent que le «nombre de sphères de plomb entrant dans un canon donné, pour former une livre, devait par leur nombre déterminer le calibre du fusil». En d'autres mots, si 12 billes de plomb exactement de même grosseur pèsent 1 livre, elles peuvent être introduites de justesse dans le canon d'un fusil de calibre «.12». Ce calibre est donc déterminé par le diamètre d'une spère de plomb dont la pesanteur est de 1/12ième de livre. Il en est de même pour le «.10», «.12», «.16», «.20», «.28», mais que doit-on penser du «.410»? Dans ce mode d'identification des divers calibres expliqué précédemment, le fusil «.410» fait exception du fait qu'il a été inventé il y a moins longtemps, d'où une règle beaucoup plus logique. «.410» signifie tout simplement: diamètre précis de .410 pouce. Selon l'ancien système en vigueur pour les autres fusils, son calibre serait un «67» ce qui nous semble aujourd'hui très loufoque. Plus le canon est gros, meilleur il est pour les gros gibiers. Le «.10» est donc recommandé pour l'oie, l'outarde, le dindon sauvage. Le «.12» peut aussi s'utiliser pour ces gros oiseaux, mais c'est vraiment le fusil à tout usage pour les canards, lièvres, perdrix, même le chevreuil avec chevrotines ou balle unique. Les «.16», «.20», «.28» ont aussi leurs usages. On s'en servira surtout pour la chasse des perdrix , faisans ou lièvres. Le «.16», très populaire à une époque, est maintenant presque disparu. Il connaissait une popularité auprès de certains chasseurs de canards, tout comme le «.28» qui était le préféré des chasseurs de perdrix. Le «.28» semble céder au «.410» ce qui nous permet de conclure en vous disant qu'il ne reste que trois calibres de fusils de chasse maintenant très populaires, ce sont le .12, le .20 et le .410, les autres disparaissent lentement.
|
Engin de recherche
Tapez un mot clé