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CYANOBACTÉRIES
Ce que le ministère du Développement durable doit faire!

Suite à l'invasion catastrophique de cyanobactéries dans nos lacs, nous avons eu droit à un silence de mort étonnant de la part de la très grande majorité des associations de protection de l'environnement des lacs et à toutes sortes de projets farfelus de la part des MRCs et des municipalités locales dans le but de mettre fin à ce fléau. Du côté du gouvernement du Québec, notre premier ministre s'est contenté de créer quelques comités et de faire de nos lacs des patrimoines nationaux, accompagnés d'un cadeau de grec: une nouvelle ministre du Développement durable. La guerre aux cyanobactéries n'ira pas loin. Mais il n'est pas question de baisser les bras. Notre ministre du Développement durable va donc devoir s'exécuter et amorcer de sérieuses réformes dans sa législation si elle veut prolonger la vie utile de nos lacs.
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La Politique de protection des rives des lacs et cours d'eau doit être modifiée car elle n'accorde pas de protection adéquate aux rives des zones agricoles et forestières du domaine privé.
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Il nous faut 15 mètres de protection dans toutes les zones agricoles et non pas 3 mètres comme le veut la présente Politique du ministère du Développement durable. Sur les terres privées, par contre, en bordure des lacs de villégiature, il faut interdire les coupes forestières dans les limites de l'encadrement forestier, c'est-à-dire dans les 300 mètres à partir de la ligne du rivage.
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Ce sont les spécialistes du Programme des lacs qui ont formulé le premier Règlement sur l'évacuation et le traitement des eaux usés des résidences isolées. Ce règlement a d'abord été mis volontairement en vigueur dans un grand nombre de municipalités, à partir de 1968 (plus de 500 municipalités). Ce n'est qu'en 1981, treize ans plus tard, que le gouvernement du Québec s'est enfin décidé à en faire un règlement cadre du ministère de l'Environnement, en vertu de la Loi sur la qualité de l'environnement et après une sérieuse opposition de la part du Conseil des ministres. Or, tout en prévenant la pollution des eaux, le Règlement du Programme des lacs comprenait des dispositions spéciales qui visaient à freiner le développement des lacs. Heureusement, c'est le règlement du Programme des lacs qui a protégé nos lacs durant près de 30 ans, et freiner le développement, jusqu'à ce que le ministre de l'Environnement vire à la piastre et le modifie en 1995 pour en faire un Réglement favorisant le surdéveloppement et les économies régionales, plutôt que la protection de l'environnement. À partir de cette modification, on pouvait maintenant, construire n'importe où en bordure des lacs, n'importe comment et même dans des sols qui, jusque là, étaient considérés comme des sols imperméables. On est même allé jusqu'à autoriser les déversements dans les fossés alors que la plupart des fossés au Québec, se déversent dans un lac ou un cours d'eau. Résultat: porte ouverte au superdéveloppement. Faut-il s'étonner si les cyanobactéries sont en train de tuer nos lacs.
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Pour freiner le développement en bordure des lacs, il faut revenir au règlement original sur l'évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées, tel que formulé par le Programme des lacs, et revenir aux installations septiques traditionnelles.
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Le développement durable est en train de tuer l'environnement, même si le mot environnement apparaît encore dans le titre du ministère du Développement durable. Ce mot a tout simplement été greffé au ministère du Développement durable, pour des raisons politiques: faire croire aux écolos que le ministère défendait toujours la cause de l'environnement alors que sa vocation première est le développement économique. Le développement durable, c'est du développement, rien d'autre! Dans les faits, le ministère de l'Environnement n'existe plus! Cela dit, notre ministre toute neuve du Développement durable pourrait jouer un vilain tour aux cyanobactéries en cessant de promouvoir le superdéveloppement en bordure de nos lacs, pour effectuer un retour à la protection de l'environnement. Le fera-t-elle?
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